La Restigouche
Canot-camping
L'équipe de stagiaires est partie sous la supervision de notre coordonnatrice.
Il pleuvait et nous avions l'air d'une bande de sacs à poubelles en migration sur l'eau.
De magnifiques hirondelles bicolores planaient à quelques centimètres de l'eau en petits troupeaux volants.
Des pygargues se perchaient en nous regardant du coin de l'oeil et s'envolaient majestueusement. Leurs ailes tendues leur donnaient tellement de prestance que c'en était presque effrayant. On aurait dit des ptérodactyles.
Température de merde... on n’y croyait pas. Mais en même temps c'était tellement secondaire à nos soucis puisque c'était vraiment un beau moment sur la rivière, dans la brume. Le soir, on voyait des bancs de brouillard s'installer sur la forêt, sur l'eau, partout autour. On était carrément dans un nuage. J'ai regardé longuement la rivière et ses deux rives. Celle de l'autre côté était à peine visible... La montagne, la ligne de l'eau n'était en fin de compte qu'une série de variations de blanc et de gris... C'était mémorable.
On a fait du feu toute la nuit puisqu'il ne pleuvait pas. Le bois était pourri dans les bois... Celui qui était encore sec au centre était tellement poisseux à l'extérieur qu'il fallait le faire chauffé beaucoup avant de le mettre à brûler.
On a chanté, bu, fumé... Les gars sont restés ensemble presque toute la soirée à parler de tout et de sexe. À la fin, ils étaient complètement bourrés. Nous aussi, mais peut-être un peu moins.
On s'est couchés dans la nuit mouillée pour se réveiller le lendemain dans une tente ensoleillée.
Il fallait partir tôt puisqu'on avait une grosse journée de canotage à faire.
Cette journée magnifique, vraiment chaude et ensoleillée, on n’y aurait jamais crû quand on s'est couchés dans la bouette la veille. Elle était tellement belle cette journée qu'on l'aurait dit parfaite jusqu'à ce qu'il arrive un incident sur la rivière.
Nous partagions la rivière avec quatre ivrognes déjà en train de boire à 10 heures du matin. Après plusieurs autres bières, au croisement d'une île, ils ont chaviré.
Moi et ma cocanoteuse les avions vu chavirer. Étrangement, leur situation ne nous paraissait pas alarmante parce qu'ils étaient dans une section peu profonde de la rivière au moment de chavirer. Malheureusement pour eux, ils ne purent rattraper leur canot et leurs affaires dedans. C'est quand nous avons vu des objets dériver à côté de notre canot que nous avons réalisé que la situation commençait à être problématique. Nous les avons aussi entendu crier... mais nous nous sommes attardées à leurs objets flottant sur le chemin qui nous menait à leur désastre.
Heureusement, une autre membre de notre groupe était déjà arrivée et s'occupait des deux personnes qui étaient à l'eau. Nous avons essayé de nous occuper du canot alors que les deux amis du couple frigorifié nous ordonnait des manoeuvres pas simples et épuisantes physiquement.
Ah! Ai-je mentionné que le couple à l'eau était anglophone et le gars du couple nous insultait (sous le coup de la panique) parce qu'on allait pas assez vite à leur goût! Nous donnions tous ce qu'on avait dans le corps et ce n'était même pas suffisant pour lutter contre le courant. L'eau est réellement une puissance tranquille!
Nous en avons alors parlé pendant tout le reste de l'expédition et je ne guidais plus le canot très bien puisque j'étais sous le coup du sauvetage. Le gars qui nous insultait a fini par nous remercier et ses affaires ont toutes été ramassées par notre groupe.
Les canots ramassés, nous avons pris la route pour Freddy la magnifique, avons arrêté dans un casse-croûte du nom Le marinier. Après manger, nous étions sur la route et toujours en train de rire. De tout et de rien, du musée de la patate à miss Truck jusqu'à mon imitation du taureau de rodeo et à un slam spontané sur le côté d'un char stationné les clés dans le contact dont la musique était vraiment forte! De la pure rigolade!

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